Le processus du salut par grâce

Aide choix humain

Introduction

Bien que Jésus soit mort pour tous, tous ne sont pas sauvés. L’expiation ne s’applique pas automatiquement à toutes les personnes pour qui elle était initialement prévue. [...] Dans l’éternité, Dieu a élaboré un plan. À la croix, Dieu a pourvu. Cependant, comment se déroule le processus du salut d'un individu ?

Le problème de la dépravation

L'arminianisme réformé affirme la dépravation totale des êtres humains depuis Adam et Eve. Nous naissons dans le péché. Nous préférons le mal au bien, dans une attitude de rébellion délibérée envers Dieu et nous sommes dans l'incapacité de changer.

La nature de la dépravation humaine crée un sérieux problème à la sotériologie. Dépravé par nature, aucun être humain n’est capable, ne peut ou ne veut répondre à l'Évangile offert dans la foi. Livré à lui-même, aucun être humain n’accepterait Christ.

Nous devons commencer par cela lorsque nous abordons le processus du salut d'un individu. Rappelons-nous que David disait « Oui, depuis ma naissance, je suis coupable ; quand ma mère m’a conçu, j’étais déjà marqué par le péché ». Des passages comme Ps 53:2 dans l’Ancien Testament, sont confirmés par le Nouveau Testament, comme nous pouvons le voir dans Rm 3. Le fait que Jésus soit mort sur la croix et que Dieu offre le salut à tous ceux qui acceptent la provision de Christ n'est pas suffisant. Les êtres humains dépravés, livrés à eux-mêmes, ne veulent rien avoir à faire avec Dieu.

Constitutionnellement parlant, toute personne est dotée du pouvoir du libre-arbitre, mais quelque chose d’autre que leur nature propre affecte les êtres humains : la chute et la dépravation qui en résulte. Sans aide, aucune personne ne choisirait Dieu. Alors que peut-on faire face à ce « problème » ?

Comme précédemment indiqué, le calvinisme résout cela en affirmant que Dieu doit d’abord régénérer un individu avant que celui-ci ne puisse répondre positivement à l'Évangile et exercer la foi qui sauve. Cependant, en choisissant cette solution, vous allez embrasser la sotériologie calviniste dans son ensemble. Dans cette perspective, le raisonnement calviniste est cohérent : le salut ne s’obtient pas par la foi que l’on met en Dieu mais par la foi que Dieu choisit de mettre en nous. Le salut et l’élection vont alors de pair. Dieu sauve certains de leurs volontés dépravées, et condamne tous les autres à l’enfer sans aucune possibilité de salut.

La grâce « pré-régénérative »

Les arminiens font face au problème de la dépravation en reconnaissant le besoin de l’intervention de la grâce pour le pécheur, afin de rendre celui-ci capable d’exercer la foi et d’être sauvé. Cependant, dans cette perspective, il ne s'agit pas de la régénération mais d’une intervention divine qu’Arminius nomma « grâce prévenante » ou « grâce précédente ». C’est une grâce qui précède, qui survient avant la régénération. La grâce qui rend capable, ou nous pourrions aussi dire, la grâce pré-régénérative.

Lorsque l'Évangile est présenté à une personne, l’Esprit de Dieu doit travailler dans le cœur ou l’esprit de cette personne pour lui permettre, en dépit de ses penchants et des effets de sa dépravation, d’avoir foi en Christ et d’accepter l’offre de l'Évangile.

  1. Ceci est souvent appelé « conviction » en référence à cette œuvre de pré-régénération de l’Esprit qui accompagne l'Évangile et qui permet au pécheur dépravé de l’entendre suffisamment bien pour le comprendre et y répondre. Le pécheur ne doit pas seulement entendre l'Évangile mais doit être convaincu de ses vérités.
  2. Ceci est parfois appelé « attraction » : « personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». Lorsque l'Évangile est prêché, sous l’influence de l’Esprit de Dieu, une force de persuasion atteint l'homme pour l'attirer vers l'Évangile.
  3. Ceci peut aussi être exprimé par « l'ouverture du cœur ». Au sujet de Lydie, nous lisons (Ac 16.14) : « le seigneur a ouvert son cœur pour qu’elle soit attentive à ce que disait Paul ». Ce n’est pas tout. Le cœur du pécheur est par nature si fermé qu’il ne peut entendre ni comprendre la vérité. Si la foi vient en écoutant, le Seigneur doit alors ouvrir ses sourdes oreilles pour permettre au pécheur d’entendre et de comprendre.
  4. Nous pourrions également associer ceci à la notion de « persuasion ». Bien que ce mot soit assez proche de la définition même de la foi, ce n'est pas exactement la même chose. Une personne peut être persuadée d’une vérité concernant quelque chose sans pour autant s’engager personnellement vis-à-vis de cette vérité. Lorsque l'Évangile est prêché et que l’Esprit travaille par le biais de la grâce, le pécheur reconnaît ce qu’il entend comme étant la vérité.

Pour résumer, cette grâce « pré-régénérative » :

  • est entièrement dépendante de la grâce ;
  • préserve les relations personnelles entre nous et Dieu ;
  • renforce notre volonté sans pour autant la forcer ;
  • rend la foi possible mais pas impérativement nécessaire ;
  • conduit à la régénération à moins que le pécheur ne résiste ;
  • implique une écoute intelligente de l'Évangile ;
  • touche à la fois ceux qui acceptent Christ et ceux qui entendent et comprennent l'Évangile puis rejettent Christ.

Le salut par la grâce par le moyen de la foi

Ep 2:8-9 : « En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter ». Le salut est un don de Dieu issu de sa grâce, reçu par le moyen de la foi, notamment à travers la grâce « pré-régénérative » dont nous venons de parler.

  1. Le salut par la foi signifie qu’il ne s’obtient pas par les œuvres, pas plus que par le fait de suivre à la lettre la loi de Dieu ou de faire d’autres bonnes œuvres ; ce ne ne sont pas des moyens d’accéder au salut. Plus encore, la foi en elle-même ne correspond pas à un quelconque acte méritoire. Nous qui croyons en Christ ne méritons pas plus le salut que ceux qui ne croient pas en Lui. Nous méritons l’enfer tout autant qu’eux.

J.I. Packer dit : « la foi, c’est d’abord et avant tout le fait de regarder au-delà et loin de soi, à Christ et à Sa croix, et de les considérer comme l’unique base de pardon au présent et d’espérance au futur. » Dans ce sens, la foi c’est lever des mains vides vers Dieu, reconnaître avec douleur que je ne peux me sauver moi-même, abandonner tous mes propres efforts, et recevoir le salut comme un cadeau immérité accordé uniquement par grâce.

  1. Le salut par la foi correspond parfaitement au salut par la grâce. Parfois, les calvinistes disent que si nous faisons de notre foi une condition de notre salut, alors nous avons transformé la foi en une œuvre. La Bible elle-même définit la foi comme contraire aux œuvres, et dit que le salut par la foi correspond au salut par la grâce. Rm 14:16 : « C’est donc par la foi que l’on devient héritier, pour que ce soit par grâce et que la promesse soit assurée à toute la descendance. » Le salut doit être obtenu par la foi, elle-même obtenue par la grâce !
  2. Les calvinistes insistent sur le fait que la foi salvatrice est un don faisant partie d’un ensemble destiné à ceux que l’Esprit a régénérés. Ce n’est pas ce que la Bible nous enseigne. Dans Ep 2.8-9, le mot « cela » dans « cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » ne fait pas référence à la foi mais à la clause précédente : nous sommes sauvés par la grâce au moyen de la foi. Le fait d’être sauvé par la grâce au moyen de la foi « ne vient pas de vous » ni « des œuvres, afin que personne ne puisse se vanter ».

D’une certaine façon, la foi est également indirectement le don de Dieu :

  • La capacité à croire vient de Dieu
  • La possibilité de croire vient de Dieu
  • Ce que nous croyons, l'Évangile, vient de Dieu
  • L’opportunité de croire vient de Dieu
  • Le pouvoir de persuasion qui rend capable de croire vient de Dieu

Cependant, l’action de croire ne peut être entreprise par quelqu’un d’autre que vous et moi. Dieu ne produit pas la foi salvatrice elle-même, comme si elle était un don accordé uniquement à ceux qu’il a choisis.

Parlons de l’ordre du salut, qui vient du latin ordo salutis, que les théologiens évoquent pour parler des différentes étapes dans le processus du salut :

  1. Pour le calvinisme, « l’ordre du salut » est le suivant :
    • La régénération du pécheur : elle a lieu en premier, se fait de manière tout à fait inconsciente, et ne s’appuie pas sur la Parole.
    • La conversion lui succède logiquement : la personne régénérée entend l'Évangile et se convertit, expérimentant la repentance et la foi comme des dons de Dieu.
    • La justification se fait ensuite par la foi.
    • La sanctification commence avec la régénération et se poursuit tout au long de la vie chrétienne, incluant la notion de persévérance.
  1. L’ordre du salut selon l'arminianisme réformé est le suivant :
    • La grâce pré-régénérative, qui accompagne la compréhension de la Parole portée par l'Évangile.
    • La conversion, qui a lieu sur la base de la repentance et de la foi.
    • La justification puis la régénération qui lui succède. Cet ordre peut ne pas avoir d’importance, mais il me semble logique que Dieu ne régénère pas une personne jusqu’à ce que celle-ci soit pardonnée par la justification et placée à sa droite.
    • La sanctification commence avec la régénération et continue durant toute la vie chrétienne.

Pour les arminiens toutes les étapes, hormis la grâce pré-régénérative, y compris la sanctification qui a eu lieu au moment du salut, se produisent en même temps.

Conclusion

J’insiste à nouveau sur le fait que le salut s’obtient par la foi, et dans mon livre, j’ai essayé de démontrer que l’œuvre du salut forme un ensemble et que le salut ne se limite pas à la justification. Je vous renvoie à Ep 2:8-9 et même à toute la lettre aux Éphésiens : nous sommes sauvés par la grâce au moyen de la foi, ce qui signifie (comme en Ep 1.6, Ep 1.12-14) que nous devrions célébrer « la gloire de sa grâce ». Nous ne pouvons pas nous glorifier, pas même au sujet de notre foi ; toute la gloire en revient à Dieu, et nos vies et nos paroles sont censées en témoigner.


Article original : PICIRILLI, Robert. Calvinisme, arminianisme et théologie du salut : Troisième conférence : Le salut par la foi, l'application. In : Global Training Resources [en ligne]. 2016-11 [consulté le 2020-06-26]. Disponible à l’adresse : https://globaltrainingresources.org/blog/resources/calvinisme-et-arminianisme-le-salut-par-la-foi-lapplication/?lang=fr. Reproduit avec autorisation.

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