Comment un sceptique pourrait-il vraiment le réfuter ?
1 Introduction
L’argument des coïncidences non intentionnelles est utilisé conjointement à une série d’autres arguments pour proposer un argumentaire d’ensemble soutenant que les quatre Évangiles canoniques offrent une image généralement fiable de la vie et des actes de Jésus, d’un point de vue historique. Historiquement, cet argument a été employé par des apologètes chrétiens tels que William Paley et J. J. Blunt, mais il est tombé en désuétude dans l’apologétique chrétienne contemporaine jusqu’à une période récente. Lydia McGrew a contribué à le réhabiliter dans le débat actuel avec la publication, en 2017, de son ouvrage Hidden in Plain View. Cet argument a bien sûr suscité des réactions de la part de nombreux sceptiques. Plus récemment, au moment où je réalise cette étude, la tentative de réfutation la plus significative de cet argument vient du Dr Jeff Tripp, sur la chaîne YouTube MythVision de Derek Lambert1MYTHVISION (DEREK LAMBERT). The FAILURE of “unDESIGNED Coincidences” | Christian Apologists Are Wrong [vidéo en ligne]. YouTube, 22 septembre 2023. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=3oFoM1wtNow&t=2779s (consulté le 22 juillet 2025).
Cette vidéo a été citée par de nombreux sceptiques en ligne comme une réfutation décisive de l'argument. J'aurais aimé produire une étude défendant l’argument des coïncidences non intentionnelles face aux critiques du Dr Tripp. Cependant, après avoir constaté à quel point Tripp a mal compris cet argument — et, par extension, à quel point les malentendus à son sujet se sont répandus en ligne —, j’ai pensé qu’il serait utile d’emprunter une voie un peu différente. Pour ceux qui souhaitent une réfutation directe de Tripp, je vous renvoie vers la vidéo de Lydia McGrew produite par Exploring Reality2EXPLORING REALITY. The SUCCESS of “UNdesigned Coincidences” | @MythVisionPodcast Is Wrong [vidéo en ligne]. YouTube, 30 septembre 2023. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=lpMJhzkCzv8&t=586s (consulté le 22 juillet 2025). Mais dans cette étude, je vais suivre une autre approche : plutôt que de défendre l’argument contre des critiques profondément mal orientées, je vais plutôt esquisser ce à quoi ressemblerait une réfutation vraiment convaincante.
Je suis personnellement convaincu que l'argument des coïncidences non intentionnelles est un bon argument pour la fiabilité historique des Évangiles. Je ne pense donc pas que la stratégie de réfutation que je vais exposer puisse réellement aboutir. Mais je la propose aux sceptiques dans l’espoir qu’en voyant ce qu’il faudrait pour invalider l’argument des coïncidences non intentionnelles, ils en viendront à mieux le comprendre.
2 Structure logique de l’argument
Avant d’esquisser ce à quoi pourrait ressembler une réfutation réussie de l’argument des coïncidences non intentionnelles, je dois d’abord donner un bref aperçu de la manière dont cet argument fonctionne. En voyant la structure du raisonnement qui le sous-tend, nous serons mieux placés pour comprendre comment la conclusion est tirée et ce qu’il faudrait pour invalider cette conclusion. Tel que je le comprends, l’argument des coïncidences non intentionnelles se décompose en trois étapes principales : la première est empirique, et les deux suivantes sont explicatives.
La première étape consiste à établir l'existence de coïncidences non intentionnelles dans les Évangiles. Le terme « non intentionnelle » prête souvent à confusion, mais, une fois bien compris dans le contexte de l'argumentation, il devrait s'agir de l'étape la moins controversée. Je développerai ce point dans un instant.
La deuxième étape consiste à expliquer le phénomène des coïncidences non intentionnelles. La présence de ce phénomène nous renvoie à une réalité plus vaste que ce qu’un Évangile particulier exprime isolément. Autrement dit, chaque Évangile nous présente une partie d'un tableau plus complet. On utilise souvent l'analogie du puzzle. De même que l'imbrication des pièces d'un puzzle donne une image plus complète que celle que chacune d'elles peut transmettre isolément, les coïncidences non intentionnelles révèlent une compréhension plus complète de l'histoire sous-jacente. Étant donné la nature spécifique des coïncidences que l’on découvre dans les Évangiles, ce point devrait lui aussi être peu controversé. Là encore, j’en donnerai des explications plus détaillées dans un moment.
Enfin, la dernière étape consiste à déterminer ce que pourrait être ce tableau plus complet qui se cache derrière les Évangiles. C’est ici que se situe la véritable controverse. Le défenseur de l’argument des coïncidences non intentionnelles veut montrer que la meilleure explication de cette histoire sous-jacente — dont chaque Évangile ne transmet qu’une partie — est que les Évangiles décrivent des événements historiques réels. Le sceptique, s’il admet les deux premières étapes, doit proposer une meilleure explication que l’historicité des événements pour rendre compte de cette image d’ensemble.
Cette étude a pour objectif d’esquisser ce à quoi pourrait ressembler une telle explication. Mais je m'empresse d'ajouter que je ne pense pas qu'une telle explication, rendant compte de l'ensemble des coïncidences non intentionnelles, puisse être proposée. C'est pourquoi je considère cet argument comme pertinent. Néanmoins, comprendre à quoi ressemblerait une réfutation réussie de l’argument — si tant est qu’elle soit possible — devrait, je l’espère, permettre de mieux saisir la force de cet argument que ce que ses critiques semblent comprendre actuellement.
3 Définition et critères d’identification des coïncidences non intentionnelles
Maintenant que nous avons une bonne compréhension de la logique qui sous-tend l’argument des coïncidences non intentionnelles, examinons de plus près pourquoi les deux premières étapes doivent être admises. Mais d’abord, qu’est-ce qu’une coïncidence non intentionnelle ? De manière très générale, une coïncidence non intentionnelle désigne une relation non intentionnelle entre deux (ou plusieurs) affirmations qui, mises ensemble, offrent une compréhension plus riche de chacune d’elles. Lydia McGrew l’explique ainsi : « Une coïncidence non intentionnelle est une connexion notable entre deux ou plusieurs récits ou textes qui ne semble pas avoir été voulu intentionnellement par la ou les personnes qui les relatent3McGREW, Lydia. Hidden in Plain View: Undesigned Coincidences in the Gospels and Acts. DeWard Publishing, 2017, p. 12. »
Deux éléments méritent d’être soulignés : l’illumination et le caractère fortuit. L’illumination est importante, car elle permet de voir le tableau d’ensemble qui dépasse ce qu’un texte pris isolément peut révéler. Cette illumination se produit souvent par le biais d’explications implicites. Par exemple, un Évangile peut susciter chez le lecteur des questions auxquelles il ne répond jamais. Or, ces mêmes questions peuvent recevoir une réponse indirecte dans le récit d’un autre Évangile. C’est ce phénomène que j’appelle « illumination ».
Il faut également souligner que ces connexions ont un caractère fortuit. C'est ce caractère fortuit qui est qualifié de « non intentionnelle ». J’insiste sur ce point parce que les sceptiques objectent rapidement que les Évangiles synoptiques — Matthieu, Marc et Luc — sont littérairement interdépendants. De plus, un nombre croissant de chercheurs pensent que l’auteur de l’Évangile de Jean connaissait aussi les Synoptiques. Alors, demandent-ils, comment peut-on dire que quelque chose dans les Évangiles est « non intentionnelle » ? C’est précisément pour cette raison que les coïncidences doivent être fortuites, c’est-à-dire issues de détails accessoires, faciles à ignorer ou à manquer. Si un évangéliste ultérieur voulait délibérément développer le récit d’un autre Évangile ou répondre à des questions laissées ouvertes, il ferait un choix clair et intentionnel. L’auteur de Luc, par exemple, s’il voulait répondre à une question posée dans Matthieu, l’aurait fait de manière explicite et évidente, en s’assurant que ses lecteurs ne passent pas à côté. Il ne se serait pas contenté de cacher la réponse dans un détail mineur du texte. C’est pourquoi l’existence d’une dépendance littéraire entre les Évangiles n’est pas, en soi, un problème pour l’argument des coïncidences non intentionnelles. Ce qui rend ces coïncidences si significatives, c’est justement qu’elles ne paraissent pas délibérées et qu’elles ne manifestent pas une intention consciente d’éclairer un autre texte. Le lien est fortuit, discret, et peut facilement passer inaperçu. Comme l’explique Peter Williams : « Dans une coïncidence non intentionnelle, les auteurs manifestent une concordance d'un type difficile à imaginer comme délibérément arrangée par l'un ou l'autre auteur pour donner une apparence d'authenticité au récit. Souvent, la concordance est si subtile et indirecte que tous les lecteurs, sauf les plus attentifs, risquent de la manquer4WILLIAMS, Peter J. Can We Trust the Gospels? Wheaton: Crossway, 2018, p. 87. »
4 Illustrations du phénomène dans les Évangiles
Maintenant que nous comprenons ce qu'est une coïncidence non intentionnelle, nous pouvons nous demander : existe-t-il des coïncidences non intentionnelles dans les Évangiles ? La réponse semble être un oui catégorique. Je n'en donnerai ici qu'un bref aperçu. Les lecteurs intéressés sont invités à se référer au livre Hidden in Plain View de Lydia McGrew pour une analyse plus approfondie de l'éventail complet des coïncidences non intentionnelles.
Un exemple de coïncidence non intentionnelle se trouve entre les récits de la multiplication des pains dans Marc 6:30-31 et Jean 6:1-4. Dans Marc 6, nous lisons : « Les apôtres, s'étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Jésus leur dit : Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient même pas le temps de manger. » Ce petit détail final — « beaucoup de gens allaient et venaient » — est facile à négliger et ne semble pas recevoir d’explication. Pourquoi donc tant de mouvement ?
La réponse se trouve dans Jean 6:4, qui, à propos du même événement, dit : « Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs. » L'affirmation selon laquelle la Pâque était proche chez Jean explique pourquoi tant de personnes allaient et venaient chez Marc. En lisant les deux textes ensemble, nous obtenons une image plus complète de ce qui se passait qu'en lisant uniquement Marc ou Jean. Or, Jean ne semble pas chercher à expliquer pourquoi tant de personnes allaient et venaient, puisqu'il ne mentionne même pas ce détail. Il s'agit donc d'un bon exemple de coïncidence non intentionnelle. Comme l'observe McGrew : « La concordance ici est si indirecte qu'il ne fait aucun doute qu'elle est non intentionnelle. Marc ne mentionne pas la Pâque, et Jean ne mentionne pas l'agitation générale sur la rive occidentale de la mer de Galilée5McGREW, Lydia. Hidden in Plain View: Undesigned Coincidences in the Gospels and Acts. DeWard Publishing, 2017, p. 65. »
Ce détail en Jean 6:4 crée une autre coïncidence non intentionnelle avec un passage ultérieur en Marc 6, où Marc note incidemment que « l’herbe [était] verte » (Marc 6:39). Que l'herbe soit verte n'est guère surprenant pour la plupart d'entre nous, mais c'est parce que la plupart d'entre nous ne connaissent pas la flore de Palestine. L'herbe de cette région n'est généralement pas verte, c'est pourquoi la mention de ce détail par Marc concerne une chose sortant de l’ordinaire. En fait, l'herbe de cette région n'est verte qu'immédiatement après l'hiver, au printemps, justement au moment où les Juifs célébraient la Pâque. Ainsi, l'affirmation de Jean 6:4, selon laquelle la Pâque était proche, confirme indirectement celle de Marc 6:39, selon laquelle l'herbe était verte. Les deux textes donnent donc une image plus complète de l'événement que celle que l'on aurait en lisant l'un ou l'autre des évangiles isolément. De plus, cela se produit de manière si naturelle que Jean ne semble pas chercher à expliquer pourquoi l'herbe était verte.
Considérons pour finir une coïncidence non intentionnelle qui se trouve entre Matthieu 14:1-2 et Luc 8:1-3. Le passage de Matthieu se situe après l’exécution de Jean-Baptiste par Hérode : « En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs: C'est Jean Baptiste ! Il est ressuscité des morts […] » Matthieu fait ici une remarque étonnante : il précise qu’Hérode adressa ces paroles à ses serviteurs. Mais pourquoi cette précision ? Matthieu ne développe pas ce détail, et il n’est pas nécessaire à l’histoire. Il ne cherche pas à introduire un dialogue entre Hérode et ses serviteurs, ni à faire des serviteurs des personnages du récit, puisqu’ils ne sont plus jamais mentionnés. Et si l’on admet que Matthieu, l’ancien collecteur d’impôts, est bien l’auteur de l’Évangile, une question supplémentaire se pose : comment aurait-il pu savoir ce qu’Hérode avait dit en privé à ses serviteurs ? Matthieu ne vivait pas dans la maison d’Hérode, il n’avait donc aucun moyen direct d’avoir été témoin de cette scène.
Or, dans un tout autre contexte, Luc apporte une réponse plausible à ces deux questions. En Luc 8:1-3, il fait une remarque tout à fait incidente : Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, faisait partie des disciples de Jésus. Si une personne aussi étroitement liée à l’entourage domestique d’Hérode suivait Jésus, cela fournit une explication naturelle quant à la façon dont Matthieu a pu obtenir cette information, ainsi qu’à la raison pour laquelle il précise qu’Hérode s’adressait à ses serviteurs. On voit ainsi se dessiner un tableau plus large à partir des deux Évangiles. De plus, ce tableau émerge de manière tellement fortuite que les auteurs semblent ne pas avoir conscience de l’éclairage mutuel qu’ils se donnent. Aucun d’eux n’attire l’attention du lecteur sur cette correspondance. Comme le conclut Lydia McGrew : « Le caractère indirect de cette coïncidence est particulièrement élégant. Une partie du puzzle se trouve dans chaque Évangile, et la connexion ne peut en aucun cas résulter d’un plan concerté. Il est tout à fait invraisemblable que Luc ait inséré cette référence incidente à Chuza dans une simple liste, sans aucun autre lien avec Hérode ni avec la décapitation de Jean, dans le but de fournir commodément une explication du détail concernant les serviteurs, mentionné uniquement par Matthieu6McGREW, Lydia. Hidden in Plain View: Undesigned Coincidences in the Gospels and Acts. DeWard Publishing, 2017, p. 88–89. »
5 Portée explicative : le « tableau d’ensemble » sous-jacent
Ayant établi qu’il existe bel et bien des exemples de coïncidences non intentionnelles, nous pouvons désormais nous demander pourquoi de telles relations explicatives existent. Si l’on n’en trouvait que quelques-unes — disons cinq ou six seulement — nous pourrions facilement les écarter en les considérant comme de simples véritables coïncidences. Après tout, dès lors que plusieurs personnes écrivent sur le même sujet, même s’il s’agit d’un récit fictif, le nombre d’occasions finit par produire inévitablement quelques connexions non intentionnelles intéressantes entre leurs écrits, par pur hasard. Rien de très surprenant à cela, et il n’est pas difficile de l’expliquer comme purement accidentel. Cependant, dans le cas des Évangiles, nous sommes en présence de dizaines et de dizaines de ces connexions. Il paraît donc peu vraisemblable qu’un tel foisonnement de correspondances entre les textes survienne par hasard si les auteurs ne faisaient qu’inventer librement au fur et à mesure.
Mais peut-être l’explication réside-t-elle dans le fait que les évangélistes connaissaient les écrits les uns des autres ? Après tout, ils n’ont pas inventé ces récits ex nihilo : ils travaillaient à partir de traditions communes et réintégraient des récits déjà connus. Si les Évangiles avaient été totalement indépendants les uns des autres, alors toutes ces coïncidences auraient été réellement surprenantes et auraient suggéré qu’il se passe quelque chose de plus profond. Mais nous savons qu’ils ne sont pas complètement indépendants. On peut donc penser que les questions soulevées dans certains Évangiles se sont également imposées aux rédacteurs ultérieurs, qui auraient alors choisi d’y répondre dans leur propre version des événements.
Cette explication pourrait fonctionner dans certains cas, lorsqu’il existe une trajectoire chronologique discernable allant dans le même sens que la rédaction des Évangiles. Supposons, pour les besoins de l’argument, que l’ordre rédactionnel soit le suivant : Marc, Matthieu, Luc, Jean. Imaginons alors que Matthieu n’ait ajouté des précisions qu’aux récits déjà présents chez Marc, que Luc ait seulement apporté des éclaircissements sur des récits présents chez Marc et Matthieu, et que Jean, à son tour, n’ait fourni des compléments que sur les récits transmis par les Synoptiques. On aurait alors une direction claire et univoque des coïncidences non intentionnelles, suivant l’ordre chronologique des Évangiles. Cela pourrait suggérer que ces coïncidences sont le fruit direct du travail de rédaction et de relecture des Évangiles antérieurs par les auteurs postérieurs. Comme les habitués de mes travaux le savent, personnellement, je ne considère pas que cet ordre chronologique des Évangiles soit correct, mais ce n’est pas le point crucial ici. L’essentiel est que, si l’on peut mettre en évidence une progression unidirectionnelle dans ces coïncidences non intentionnelles, et si cette progression correspond bien à l’ordre chronologique de rédaction des Évangiles, alors le phénomène pourrait recevoir une explication purement littéraire.

Mais ce n'est tout simplement pas le cas. Ce que nous constatons en réalité, c’est que Jean éclaire les Synoptiques, et que les Synoptiques éclairent Jean. Marc éclaire Matthieu et Luc, et Matthieu et Luc éclairent Marc. Matthieu éclaire Marc et Luc, et Marc et Luc éclairent Matthieu. Luc éclaire Marc et Matthieu, et Marc et Matthieu éclairent Luc. Le schéma des coïncidences non intentionnelles qui émerge n’est donc pas une trajectoire linéaire et unidirectionnelle conforme à l’ordre chronologique supposé de rédaction des Évangiles. Il s’agit plutôt d’un schéma en chevauchement croisé, où les coïncidences non intentionnelles circulent dans toutes les directions. Cela exclut que la simple rédaction éditoriale puisse être la seule explication de ces coïncidences. En effet, on trouve des Évangiles antérieurs qui éclairent des Évangiles postérieurs, ce qui est impossible à expliquer par la seule hypothèse de la rédaction, puisque les évangélistes plus anciens ne pouvaient évidemment pas remanier des textes qui n’existaient pas encore. De plus, il paraît extraordinairement improbable que les auteurs des Évangiles plus tardifs aient volontairement laissé certains éléments inexpliqués, en partant du principe que les lecteurs connaissaient déjà les Évangiles plus anciens qui traitaient de ces questions. Il est beaucoup plus vraisemblable que chaque évangéliste ait écrit en pensant que son propre Évangile serait le seul auquel la majorité de ses lecteurs auraient accès. Ils n’avaient probablement pas en tête la future canonisation des quatre Évangiles, réunis pour permettre de tels recoupements. Comme le souligne Lydia McGrew, « Admettre une certaine dépendance littéraire entre les Évangiles synoptiques ne revient en aucun cas à admettre que les derniers ajoutent au fur et à mesure des éléments non factuels. Cela ne signifie pas non plus que les différences entre eux soient dues à une manipulation rédactionnelle des documents antérieurs plutôt qu'à des différences de point de vue de témoins oculaires. […] En bref, l’historicité des Évangiles n’est pas remise en cause par le fait que, par exemple, Marc ait pu être écrit en premier et que Matthieu et Luc aient puisé une partie de leur matériel chez lui. Même si cela est vrai, cela ne signifie pas que Matthieu et Luc aient évolué à partir de Marc comme dans un processus d’évolution littéraire, ni qu’ils n’aient pas eu accès à des informations fiables et indépendantes7McGREW, Lydia. Hidden in Plain View: Undesigned Coincidences in the Gospels and Acts. DeWard Publishing, 2017, p. 83–84. »

Ainsi, si ni le simple hasard, ni la dépendance littéraire ne suffisent à expliquer l’ampleur et le schéma des coïncidences non intentionnelles que nous observons dans les Évangiles, il nous faut envisager une autre hypothèse : celle de l’existence d’une source unique sous-jacente aux fragments d’histoire que nous entrevoyons dans les textes évangéliques. Je laisse, à ce stade de l’argumentation, ouverte la question de savoir quelle est précisément cette source. La seule conclusion que je tire pour l’instant est qu’il existe bel et bien un récit plus complet qui se tient derrière les récits contenus dans les Évangiles. C’est une conclusion importante, mais elle semble s’imposer à nous en raison même des données.
6 Évaluation des hypothèses alternatives
Ayant désormais montré qu’il existe bel et bien des coïncidences non intentionnelles dans les Évangiles, et ayant établi que leur grand nombre, ainsi que le schéma en « croisements » qu’elles dessinent, nous obligent à admettre l’existence d’une réalité plus vaste derrière les Évangiles, nous sommes maintenant en mesure de franchir la dernière étape de l’argument et d’inférer que la meilleure explication de ces données est que les Évangiles sont historiquement fiables. Nous avons conclu qu’il existe une trame plus complète sous-jacente aux Évangiles. Nous pouvons maintenant poser la question : quelle est cette source ?
Une possibilité consiste à postuler l’existence d’un proto-évangile perdu, beaucoup plus détaillé que nos quatre Évangiles canoniques, et dont tous auraient tiré leur information. Cela constituerait certainement une explication adéquate des preuves. Cette hypothèse pourrait, en effet, expliquer les données. Elle rendrait compte de l’abondance des coïncidences non intentionnelles et du fait qu’elles se croisent dans toutes les directions puisque, dans ce scénario, il existerait une source unique dont nous ne possédons que des fragments dispersés dans Matthieu, Marc, Luc et Jean. Mais bien que cette hypothèse soit logiquement possible, elle n’explique pas bien les faits. D’abord, nous ne possédons absolument aucune preuve indépendante d’un tel Évangile. S’il avait existé un document aussi détaillé, il aurait certainement été hautement estimé par les premiers chrétiens. Pourtant, nous ne trouvons aucune preuve manuscrite de ce proto-évangile, ni même la moindre mention de celui-ci dans les écrits des premiers chrétiens. Il faudrait croire que les chrétiens ont scrupuleusement préservé Matthieu, Marc, Luc et Jean – bien qu’ils ne contiennent chacun qu’une partie du récit – mais qu’ils ont laissé disparaître sans trace le document complet, sans même y faire référence. Je trouve cette hypothèse extrêmement peu plausible.
Une explication bien meilleure est que cette trame plus complète n’est autre que les événements historiques eux-mêmes. La source ultime de l'information sont les événements eux-mêmes. Selon cette hypothèse, les Évangiles rapportent tout simplement ce qui s’est réellement passé. Cette explication rend compte du grand nombre de coïncidences non intentionnelles dans les Évangiles, ainsi que du schéma en croisements qu’elles dessinent. De plus, elle n’a pas les faiblesses de l’hypothèse précédente, puisqu’elle n’exige pas de croire à l’existence d’un proto-évangile hypothétique et perdu. Ainsi, l'idée que les Évangiles offrent un témoignage historique fidèle apparaît comme la meilleure explication du phénomène des coïncidences non intentionnelles. Voici, en résumé, la substance de l’argument : (1) il existe des coïncidences non intentionnelles, (2) ce phénomène nous conduit à postuler une réalité plus complète derrière les Évangiles, et (3) les événements réels constituent la meilleure explication de cette réalité plus complète.
7 Esquisse d’une stratégie sceptique de réfutation (« diviser pour régner »)
Maintenant que j’ai présenté un aperçu de l’argument de base, je voudrais expliquer comment, selon moi, un sceptique peut, en principe, tenter de le contourner. J'appelle cela l'approche « diviser pour régner ». L’idée générale est que, si l’on parvient à réduire le nombre de coïncidences non intentionnelles à expliquer en les compartimentant, on diminue fortement l’impact probant global de l’argument. Comme le reconnaît Lydia McGrew, il s’agit d’un argument cumulatif. L'idée derrière les arguments cumulatifs est qu'en additionnant plusieurs éléments de preuve, peu convaincants pris isolément, on forme un argument convaincant. Par la même logique, si l’on parvient à réduire le nombre d’éléments de preuve qu’il faut expliquer, on amoindrit la force cumulative de l’argument. Je soupçonne que la plupart des sceptiques à l’égard de l’argument des coïncidences non intentionnelles ne souhaitent pas emprunter cette voie, car elle exige beaucoup de travail. Néanmoins, je suis persuadé que c’est la seule stratégie qui pourrait, en principe, réussir.
Si j’étais sceptique, je commencerais par passer en revue les divers exemples de coïncidences non intentionnelles afin de les classer. Pour élaborer une théorie alternative solide, il faut pouvoir rendre compte de l’ensemble des cas recensés. Je pense que le sceptique peut répartir ces coïncidences en cinq catégories principales :
- Les coïncidences faciles à rejeter.
- Les coïncidences apparaissant dans des péricopes manifestement dépendantes sur le plan littéraire.
- Les coïncidences qui s’inscrivent dans la trajectoire chronologique (communément admise) de la rédaction des Évangiles.
- Les coïncidences qui témoignent d’une connaissance du contexte de l’époque, mais qui n’apportent aucun éclairage supplémentaire sur un événement précis.
- Les coïncidences restantes (les résiduelles).
Examinons de plus près chacune de ces catégories. La première catégorie consiste, pour ainsi dire, à faire le tri. Elle cherche à éliminer autant d’exemples supposés de coïncidences non intentionnelles que possible dès le départ. Il existe plusieurs manières de procéder. On peut, par exemple, tenter de montrer qu’une coïncidence présumée repose en réalité sur une lecture douteuse de l’un des Évangiles. Par exemple, on pourrait rejeter le premier exemple donné par McGrew dans son livre, car il repose sur la déclaration de Jean-Baptiste en Jean 1:30, selon laquelle Jésus était « avant » lui, comme étant une déclaration spirituelle subtile de sa part, étant donné qu'il savait qu’il était né avant Jésus d’après Luc 1:36. Ainsi, selon McGrew, on peut comprendre la subtilité de la remarque de Jean-Baptiste en Jean 1:30 à la condition que Luc 1:36 est réellement historique. Cependant, il me semble qu'on pourrait tout aussi bien interpréter cette déclaration à la lumière du prologue de Jean, comme une simple référence à la préexistence éternelle de Jésus, sans chercher plus loin. Rien dans le contexte de l'Évangile de Jean ne suggère réellement que Jean-Baptiste ait voulu faire preuve de subtilité ici. Et en effet, à moins de supposer que les auditeurs de Jean-Baptiste aient su que Jean avait six mois de plus que Jésus, il n'y a aucune raison de penser qu'ils auraient saisi la subtilité de cette affirmation, ce qui contredit l'idée que Jean avait cette intention. Il y a ici au minimum matière à désaccord raisonnable. De la même manière, on pourrait rejeter le neuvième exemple de McGrew, puisqu’il dépend de l’hypothèse que l’antécédent du démonstratif « ceux-ci » en Jean 21:15 se réfère aux disciples. Mais il est tout à fait possible, étant donné le contexte, d’y voir une référence aux 153 poissons qui symbolisent la vie à laquelle Pierre était retourné après avoir renié Jésus. Les deux interprétations du pronom sont possibles par rapport au contexte.
Cette première catégorie est donc importante pour le sceptique, car elle lui permet de réduire la force probante des coïncidences non intentionnelles dès le départ. Supposons qu’il existe 50 exemples présumés. Si le sceptique peut en rejeter ou, du moins, en mettre en doute 10 dès le début, alors il réduit proportionnellement l’impact global de l’argument. L’argument ne repose plus que sur 40 coïncidences non intentionnelles au lieu de 50. Il devient donc plus faible. Encore une fois, je ne dis pas que le sceptique réussira réellement à rejeter 20 % des exemples invoqués. J’offre seulement une illustration hypothétique pour montrer le rôle que cette catégorie peut jouer dans la stratégie visant à affaiblir l’argument.
La deuxième catégorie vise à éliminer les coïncidences non intentionnelles facilement explicables par le fait que l’auteur d'un Évangile en ait copié un autre. Par exemple, on pourrait penser que le dix-neuvième exemple donné par McGrew entre dans cette catégorie. Dans cet exemple, Jean et Luc affirment tous deux que Joseph d'Arimathée a enseveli Jésus dans un nouveau tombeau, mais ils ne précisent pas que ce tombeau lui appartient, ce qui soulève la question de savoir pourquoi Joseph s'est senti libre d’ensevelir Jésus dans ce nouveau tombeau. Seul Matthieu précise que Joseph est propriétaire du tombeau. Le point curieux est que Marc ne mentionne pas que Joseph est propriétaire du tombeau. Ainsi, dans l’hypothèse de la priorité marcienne, le sceptique peut soutenir que cette question s’est naturellement imposée à l’esprit de Matthieu lorsqu’il a lu ce récit chez Marc. Matthieu aurait alors ajouté le détail selon lequel Joseph possédait ce tombeau afin de rendre le récit cohérent. Inversement, cette question ne s’est simplement pas imposée aux auteurs de Luc et de Jean qui, suivant Marc, ont laissé de côté ce détail.
Mais le sceptique doit être prudent ici. Rappelons-le : c’est justement le caractère fortuit de ces coïncidences qui milite contre l’idée d’une explication volontaire ou d’un éclaircissement délibéré. Le sceptique ne peut donc pas simplement rejeter n’importe quelle coïncidence apparaissant dans un Évangile postérieur. Il ne peut écarter que celles pour lesquelles on peut identifier un motif évident poussant le rédacteur ultérieur à ajouter l’information explicative.
Pour les coïncidences non intentionnelles où une telle explication n’est pas facilement disponible, il me semble que la meilleure stratégie sceptique consiste à dire que l’éclairage apporté est inconscient, le rédacteur postérieur ayant déjà en tête une idée de ce qui se passe dans le récit à partir de sa lecture d’un Évangile antérieur. Comme il imagine la scène en étant influencé par cette lecture préalable, il peut insérer dans son propre récit des détails qui reflètent implicitement cette compréhension. Dans ce scénario, il existe bien une histoire plus complète en arrière-plan de l’écriture de l’Évangile ultérieur — comme le soutient le partisan de l’argument des coïncidences non intentionnelles. Mais cette histoire plus complète se trouve, non pas dans les événements historiques eux-mêmes, mais dans l’imagination du rédacteur de l’Évangile postérieur. Une telle explication pourrait ainsi permettre de mettre de côté tout un ensemble de coïncidences non intentionnelles, en particulier celles qui apparaissent dans des récits parallèles des Évangiles, là où la dépendance littéraire est connue pour exister.
La troisième catégorie est probablement la plus importante pour le sceptique. Elle identifie la directionnalité des coïncidences non intentionnelles. L’idée est que le sceptique établit une théorie synoptique comme base pour déterminer le nombre de coïncidences non intentionnelles pouvant être expliquées par la rédaction éditoriale, les Évangiles ultérieurs apportant des éclaircissements ou des explications sur des détails contenus dans les Évangiles antérieurs. Comme nous l'avons déjà noté, les coïncidences non intentionnelles qui vont toutes dans une seule direction peuvent, en principe, être expliquées par la rédaction d'un auteur postérieur. Le sceptique peut donc écarter tous les exemples qui peuvent raisonnablement être expliqués par un ajout ou une clarification délibérée de la part d'un évangéliste ultérieur. Cela lui permettra d'écarter un nombre non négligeable de coïncidences du corpus. Prenons un exemple illustratif : le quinzième exemple donné par McGrew. Elle soutient que l’expression « boire la coupe » utilisée par Jésus dans Jean 18:11 est corroborée par l’emploi antérieur de la même expression dans les Évangiles synoptiques, ce qui suggérerait qu’il s’agissait d’une tournure familière chez Jésus. Cependant, si l'on part du principe que l'auteur du quatrième Évangile connaissait les Évangiles synoptiques, on peut tout aussi bien supposer qu'il a emprunté cette expression à ces derniers pour l'insérer dans son récit plutôt que d'en témoigner indépendamment.
La quatrième catégorie admet que la coïncidence non intentionnelle atteste l'historicité de certaines coutumes générales décrites dans les Évangiles, mais nie qu'elle soit assez spécifique pour confirmer l'historicité des événements particuliers rapportés. Un exemple possible est le troisième exemple de McGrew : les jarres d'eau vides mentionnées en Jean 2:1-7, qui avaient probablement été vidées pour le lavage rituel avant le repas, sont confirmées comme un élément culturel réaliste par Marc 7:1-5. Cela montre que l’auteur de l’Évangile selon saint Jean connaissait bien la culture juive ancienne, mais cela ne prouve en rien la réalité historique des détails entourant les noces de Cana.
Vous voyez pourquoi j’ai appelé cette méthode une stratégie de « diviser pour régner ». En trouvant divers moyens d'écarter des exemples particuliers de coïncidences non intentionnelles, le sceptique parvient à affaiblir la force cumulative de l'argument de manière proportionnelle.
Il existe cependant une cinquième catégorie, celle des « résiduelles », c'est-à-dire des coïncidences non intentionnelles qui n'entrent dans aucune des quatre catégories précédentes. En théorie, le sceptique parviendra à classer suffisamment de coïncidences dans les quatre premières catégories pour n'avoir plus qu'un petit nombre de résiduelles à la fin. Il pourra alors admettre que ces dernières constituent peut-être un léger indice en faveur de l'historicité des Évangiles, mais affirmer que cet indice reste insuffisant pour contrebalancer les arguments allant dans le sens contraire.
Une limite importante de cette approche doit cependant être soulignée : plusieurs de ces catégories explicatives ne s'appliquent pas aux coïncidences non intentionnelles observées entre le livre des Actes et les épîtres de Paul. En effet, il n'existe entre eux aucune dépendance littéraire directe, du moins pas du même type que celle observée entre les Évangiles synoptiques. Ainsi, si la stratégie du « diviser pour régner » fonctionne, elle ne peut s'appliquer qu'aux coïncidences non intentionnelles au sein des Évangiles.
8 Conclusion
Le problème, selon moi, est que lorsque j'essaie de classer les exemples supposés de coïncidences non intentionnelles dans ces cinq catégories, je me retrouve avec beaucoup trop de cas résiduels pour pouvoir affirmer que les coïncidences non intentionnelles n'ont pas de valeur probante. C'est pourquoi, en définitive, je considère que l'argument des coïncidences non intentionnelles constitue un bon argument en faveur de la fiabilité historique des Évangiles. Je pense toutefois que les sceptiques de cet argument auraient tout intérêt à adopter la stratégie générale de « diviser pour régner » que j’ai présentée ici, plutôt que de chercher à identifier quelques rares coïncidences non intentionnelles dans d’autres récits fictifs ou d'accuser l'argument de raisonnement circulaire, etc. Le but de cette étude n’était pas de répondre à ces objections, mais simplement de décrire la forme que devrait prendre une réfutation réellement solide de l’argument des coïncidences non intentionnelles. J’espère que cette présentation aidera les sceptiques à mieux comprendre cet argument.
Annexe A : Extrait des coïncidences non intentionnelles classées par catégories
A.1. Les coïncidences faciles à rejeter
- « il était avant moi » — Jn 1:30 ; Lc 1:36
- « manger sa chair et boire son sang » — Jn 6:53-56 ; Lc 22:19-20 ; Mc 14:22-24 ; Mt 26:26-29
- « plus que ceux-ci » — Jn 21:15-17 ; Mt 26:31-35 ; Mc 14:26-30
- le courage de Joseph d’Arimathée — Mc 15:42-45 ; Jn 19:38-39
- les disciples jumelés — Mt 14:1-2 ; Mc 6:7
- malheur à Bethsaïde — Mt 11:20-24 ; Lc 9:10-13
- demandant à Philippe — Jn 6:1-5 ; Jn 1:43-44
- Pierre coupant l’oreille — Jn 18:10 ; Jn 18:15-16 ; Jn 18:26-27
- « voici ton fils » — Jn 19:26-27 ; Jn 7:2-5
- le filet non déchiré — Jn 21:11 ; Lc 5:5-7
A.2. Les coïncidences apparaissant dans des péricopes manifestement dépendantes sur le plan littéraire
- le nouveau tombeau — Lc 23:51-53 ; Jn 19:41-44 ; Mc 15:42-47 ; Mt 27:57-60
- « Qui t’a frappé ? » — Mc 14:65 ; Lc 22:63
A.3. Les coïncidences s’inscrivant dans la trajectoire chronologique de rédaction des Évangiles (communément admise)
- la connaissance par Jean-Baptiste de l’identité de Jésus — Jn 1:30-34 ; Mt 3:16-17 ; Mc 1:11 ; Lc 3:22
- « boire la coupe » — Jn 18:10-11 ; Mt 26:39-42 ; Lc 22:42 ; Mc 14:35-36
- « roi des Juifs » — Jn 18:33-38 ; Lc 23:1-4
- l’Jn 18:36 — Jn 18:10 ; Lc 22:47-53
- « détruire le temple » — Mc 14:57-58 ; Mt 26:60-61 ; Jn 2:13-21
A.4. Les coïncidences montrant une bonne connaissance du contexte, sans éclairer un événement précis
- les jarres d’eau vides — Jn 2:1-7 ; Mc 7:1-5
A.5. Les résiduelles
- le lavement des pieds — Jn 13:1-15 ; Jn 13:3-5 ; Lc 22:24-27 ; Mc 9:34 ; Mt 20:21
- « aller et venir » — Mc 6:30-31 ; Jn 6:1-4
- « herbe verte » — Mc 6:39 ; Jn 6:4
- les serviteurs d’Hérode — Mt 14:1-2 ; Lc 8:1-3
- les hommes assis — Mc 6:39-40 ; Lc 9:14-15 ; Jn 6:10-11
- Rufus — Mc 15:20-21 ; Rom 16:13
[Ces listes ne sont pas exhaustives, dans le livre Hidden in Plain View de Lydia McGrew propose 27 coïncidences entre les Evangiles et 20 coïncidences entre les livres du NT. De même, J. C. Thorpes dans son étude Undesigned Coincidences In The Gospels propose 44 coïncicidences entre les Evangiles.]
Source : PALLMANN, David. How to Defeat the Argument From Undesigned Coincidences: A Skeptic's Guide [vidéo en ligne]. YouTube, 2023. [consulté le 28 juillet 2025]. Disponible à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oVe850Ss2Hc



