Le sujet de l'apostasie dans les épîtres du Nouveau Testament

Colosse

Il y a quelques passages bibliques pouvant donner l’impression d’une assurance inconditionnelle du salut pour les croyants. Ces passages soutiendraient, selon certains, que Dieu veillera à ce que les croyants ne se détournent jamais de leur foi. Pourtant l’idée que les croyants puissent abandonner leur foi et perdre le salut est une préoccupation omniprésente dans le Nouveau Testament. Cela est mentionné dans de nombreux passages, que ce soit explicitement ou implicitement. Par conséquent, les passages qui peuvent sembler inconditionnels parce qu’ils n’énoncent pas explicitement une condition devraient supposer la condition de persévérance dans la foi et la capacité de renoncer à la foi et non pas supposer que Dieu ne permettra pas au croyant de renier sa foi. Les passages qui font directement référence à l’apostasie, ceux qui indiquent la conditionnalité et l’incertitude concernant l’atteinte du salut final des croyants actuels, ainsi que ceux qui avertissent les croyants sur le fait de se détourner du Christ et donc de périr, manifestent tous la possibilité pour des véritables croyants de faire naufrage dans leur foi.

Romains

Dans Romains 8:13, l’apôtre Paul avertit les croyants : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ». Plus précisément, dans Romains 11, Paul avertit les croyants non-juifs que,  s’ils ne persévèrent pas dans la foi, Dieu les retranchera de son peuple comme ce fut le cas des juifs incrédules :

« Cela est vrai ; elles [les branches représentant les juifs incrédules] ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché. Eux de même, s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. » (Romains 11:20-23)

Seule la position de la possibilité de l’apostasie peut rendre justice à ce texte. La doctrine dite de la « sécurité éternelle » ou « une fois sauvé, toujours sauvé », que ce soit sous la forme d’une persévérance irrésistible ou d’une persévérance non nécessaire, peut encourager le croyant à ne pas craindre de pouvoir être retranché du peuple de Dieu et de donc du salut. Alors que nous voyons que Paul dans ce passage affirme le contraire. Il appelle expressément les croyants à craindre d’être retranchés du peuple de Dieu s'ils en viennent à abandonner leur foi. Paul craignait que certains croyants en viennent à abandonner Christ et à périr. Il craignait également que les actions de certains puissent entrainer d'autres croyants à l’égarement et à la destruction (Rm 14:15, 20-21 ; 1Co 8:9-13 ; 1Co 3:16-17).

Corinthiens

De manière plus frappante, il a mis en garde les Corinthiens contre la possibilité de périr par infidélité, en utilisant l’exemple d’Israël (1Co 10:1-13) et en concluant : « que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » (1Co 10:12). Un peu plus tôt dans cette même lettre, il lançait l’avertissement suivant : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu » (1Co 6:9-10). Il leur dit également : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain » (1Co 15:1-2). Par la suite, quand ils étaient tombés sous l’influence de faux docteurs (dont il est question, par exemple, en 2Co 11:1-6, 12-15), il leur dit :

« Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. » (2 Corinthiens 11:2-4)

Il les exhortait également « à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain » (2Co 6:1), et les encourageait vivement « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? à moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. Mais j’espère que vous reconnaîtrez que nous, nous ne sommes pas réprouvés » (2Co 13:5-6). Il a également prié pour leur restauration (2Co 13:9).

Galates

L’un des principaux objectifs de Paul dans Galates était d'exhorter les croyants de Galatie à ne pas se détourner de Christ pour un faux Évangile. Il semble qu’ils étaient en route pour cela, et ainsi Paul plaide avec force et passion pour les sauver de ce chemin désastreux. Au début de l’épître, il s’exclame :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile » (Ga 1:6).

Au vu d’un sujet si grave, Paul va même jusqu’à affirmer : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Ga 1:8-9). Paul était profondément préoccupé par les âmes des chrétiens de Galatie jusqu'à s’écrier : « O Galates, dépourvus de sens ! » (Ga 3:1a). Leur folie consistait à passer de la foi aux œuvres de la loi comme moyen d’obtention de l’Esprit et l'appartenance au peuple de Dieu (Ga 3:2-6). Cela aurait rendu leur souffrance dans la foi vaine (Ga 3:4), car en persistant dans cette erreur ils auraient perdu leur salut en persistant. Il leur a donc rappelé que « tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction » (Ga 3:10) et il leur a demandé : « mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ? » (Ga 4:9). Il se référait à ces croyants comme « mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous » (Ga 4:19) tout en déclarant clairement qu’il était dans l’inquiétude à leur sujet (Ga 4:20). Certains d’entre eux voulaient être sous la loi (Ga 4:21).

Dans Galates 5:1-4, Paul indique clairement que les vrais croyants (à qui ses paroles étaient adressées) pouvaient se détourner de la foi et de la grâce, et finir par ne plus être au bénéfice de Christ (donc ne plus être sauvé) :

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. » (Galates 5:1-4)

Paul n’aurait eu aucune raison d’exhorter les chrétiens de Galatie à ne pas se soumettre à nouveau au joug de l’esclavage s’il ne leur était pas possible de le faire. Il ne serait pas non plus logique qu’il les avertisse qu'accepter la circoncision rendrait Christ vain pour eux (ce qui signifie ne plus être sauvé). Il est tout aussi frappant de constater que Paul déclare que certains chrétiens de Galatie ont été séparés de Christ, étant ainsi déchus de grâce. Il serait difficile de demander une formulation plus explicite et plus concise sur la possibilité réelle d'abandonner la relation salvatrice avec Christ. Cependant, Paul cherche à les reconquérir dans l’objectif de les faire revenir à la foi et d’avertir ceux qui ne sont pas tombés de ne pas suivre ce chemin maudit. Dans cette situation d’adoption d’un faux évangile, à laquelle l’église de Galatie se dirigeait, Paul déclarait : « Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle » (Ga 5:7-8).

Après avoir énuméré les œuvres de la chair (Ga 5:19-21a), Paul avertit à nouveau les chrétiens de Galatie : « Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu » (Ga 5:21b). Puis encore une fois : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas » (Ga 6:7-9). Paul avait lancé un avertissement semblable dans Éphésiens 5:5-7 : « Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide, c’est-à-dire, idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N’ayez donc aucune part avec eux ». Notons que ces deux derniers passages contiennent un avertissement à ne pas se laisser tromper sur la question de la perte du salut. Comme si Paul s’opposait à l’enseignement selon lequel les croyants ne peuvent pas réellement se détourner de leur foi et vivre dans le péché, ou à l’enseignement selon lequel les croyants peuvent vivre dans le péché tout en étant encore sauvés. Le fait même que Paul mette en garde les croyants contre ces enseignements implique que les chrétiens peuvent tomber dans ces travers et en subir les conséquences.

Colossiens

L’épître aux Colossiens s’adresse également à des chrétiens confrontés à de faux enseignements risquant ainsi d’abandonner le vrai Évangile. C’est pour cette raison que Paul a prié pour leur persévérance (Col 1:11) et qu’il a mis en évidence que leur réconciliation présente avec Dieu aboutira à une réconciliation définitive :

« si du moins vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l’espérance de l’Évangile que vous avez entendu » (Col 1:23, voir aussi 1Ti 2:15).

En outre, il les a aussi exhorté à continuer à marcher avec Christ comme Seigneur (Col 2:6) et les a avertis ainsi : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ » (Col 2:8).

Thessaloniciens

Quant à l’Église des Thessaloniciens, Paul était grandement préoccupé par le fait qu’ils puissent abandonner leur foi à cause de la persécution, ce qui n’aurait pas beaucoup de sens s’il pensait qu'il était impossible d’abandonner la foi. C’est pourquoi, Paul les a exhortés de la manière suivante :

« C’est pourquoi, impatients que nous étions, et nous décidant à rester seuls à Athènes, nous envoyâmes Timothée, notre frère, ministre de Dieu dans l’Évangile de Christ, pour vous affermir et vous exhorter au sujet de votre foi, afin que personne ne fût ébranlé au milieu des tribulations présentes ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela. Et lorsque nous étions auprès de vous, nous vous annoncions d’avance que nous serions exposés à des tribulations, comme cela est arrivé, et comme vous le savez. Ainsi, dans mon impatience, j’envoyai m’informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous eût tentés, et que nous n’eussions travaillé en vain. » (1 Thessaloniciens 3:1-5)

Par la suite, il les exhorta encore : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre » (2Th 2:15). Cela aurait été inutile s’il était impossible pour les croyants de ne pas demeurer ferme (cf. Ep 6:10-18).

Timothée

Paul a mis en garde Timothée contre les faux enseignants qui s’étaient détournés d’« une charité venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sincère » (1Ti 1:5-6) et de ce fait s’étaient « égarés dans de vains discours » (1Ti 1:6). Il s’agit apparemment d’hommes qui avaient été de véritables croyants, mais qui s’étaient égarés. Bien sûr, Paul mentionne à Timothée qu’en rejetant une bonne conscience, « ils ont fait naufrage par rapport à la foi. De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne pas blasphémer. » (1Ti 1:19-20). Mais on ne peut pas faire naufrage par rapport à la foi si l’on n’a jamais eu la foi avant le naufrage. Hyménée et Alexandre sont probablement des exemples de ce que Paul relate dans 1Ti 4:1-2 :

« Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience ».

Même l’un des collaborateurs de Paul, Démas, s’était détourné du Seigneur pour l’amour du monde (2Ti 4:10, voir aussi Col 4:14 ; Phm 23). Une des choses pouvant amener les croyants à se détourner de la foi est l’amour de l’argent : « Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1Ti 6:9-10). Une autre cause pouvant amener à l'apostasie selon Paul est la fausse science ou la pseudo-connaissance (1Ti 6:20-21). Il a même ressenti le besoin d’exhorter Timothée de prendre garde, lui-même, à cela :

« O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi. Que la grâce soit avec vous ! » (1Ti 6:20-21).

En effet, Timothée devait combattre, « le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé » (1Ti 6:12), et il devait aussi enseigner aux croyants riches d’utiliser généreusement leur argent « afin de saisir la vie véritable » (1Ti 6:18-19). Timothée avait aussi besoin d’exhortation : « demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines » (2Ti 3:14) et « Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent » (1Ti 4:16). D’ailleurs, Paul a non seulement conseillé aux Corinthiens d’employer une attention totale et une grande autodiscipline dans la poursuite de la vie éternelle, mais il parlait également pour lui-même afin qu’il ne devienne pas disqualifié de la vie éternelle :

« Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. Moi donc, je cours, non pas comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. » (1 Corinthiens 9:24-27)

Hébreux

Le but principal de l'épître aux Hébreux est d’encourager les chrétiens à ne pas abandonner la foi en Christ, mais à persévérer en Lui. Les avertissements contre l’apostasie sont très présents dans cette épître (He 2:1-4, 3:7-4:13, 5:11-6:12, 10:19-39, 12:1-29). Voici quelques-uns des passages représentatifs :

  • « C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles. Car, si la parole annoncée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et toute désobéissance a reçu une juste rétribution, comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut » (He 2:1-3a)
  • « et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions » (He 3:6b)
  • « Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement, pendant qu’il est dit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte. » (He 3:12-15)
  • « Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance. » (He 4:11; « tomber » ici se réfère à tomber sous le jugement fatidique de Dieu en raison de son incrédulité, voir He 3:16-4:3).
  • « Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. » (He 4:14)
  • « Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance, en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. » (He 6:11-12)
  • « C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. » (He 6:17-18)
  • « Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. » (He 10:23)
  • « de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ? Car nous connaissons celui qui a dit : À moi la vengeance, à moi la rétribution ! et encore : Le Seigneur jugera son peuple. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. Souvenez-vous de ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances, d’une part, exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, et de l’autre, vous associant à ceux dont la position était la même. En effet, vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » (He 10:29-39; notez que le verset 38 parle d’un croyant, qui est justifié par la foi, et qui en revenant à sa position sans la foi s’attire le mécontentement de Dieu. Cela est assimilé à la ruine par opposition à la persévérance dans la foi qui elle procure le salut de l’âme)
  • « Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée. » (He 12:1-3)
  • « Fortifiez donc vos mains languissantes Et vos genoux affaiblis ; et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. » (He 12:12-13)
  • « Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés ; à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Ésaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse. Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes ; car son repentir ne put avoir aucun effet. » (He 12:15-17)
  • « Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d’entendre celui qui publiait les oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux, » (He 12:25)

Jacques

L’épître de Jacques témoigne également de la possibilité et du danger de l’apostasie :

« Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jc 5:19-20).

Cette déclaration s’adresse aux chrétiens (« frères »), et considère qu’il est possible que certains d’entre eux puissent s’éloigner de la vérité, ce qui entraînerait, en l'absence de repentance, leur mort spirituelle.

Pierre

1 Pierre 1:5 fournit un aperçu de la nature de la sécurité chrétienne du salut : elle est conditionnée par la foi. Ce passage parle de nous « qui, par la puissance de Dieu, [sommes] gardés par la foi pour le salut [qui est] prêt à être révélé dans les derniers temps ! ». La doctrine biblique de la sécurité du salut est plus souvent décrite comme conditionnelle que comme inconditionnelle ou inébranlable. Tant que le croyant a foi en Dieu, le Seigneur veille sur son salut. Mais comme nous l’avons vu, si le croyant cesse d’avoir foi dans le Seigneur, alors le Seigneur révoquera son salut. De ce fait, Pierre exhortait son lectorat chrétien : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde » (1Pi 5:8-9).

Dans 2 Pierre 1:5-11, l’apôtre encourage son lectorat à grandir dans les vertus pieuses car elles les prémuniront d’une chute et donc d’une exclusion du royaume éternel du Christ. C’est dans ce contexte que Pierre lance cette exhortation marquante : « C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection » (2Pi 1:10). L’objectif de cette exhortation n’est pas de s’assurer de la réalité de notre appel et de notre élection, mais de les rendre eux-mêmes sûrs et fermes, ce qui est lié au fait de ne pas abandonner notre foi. En pratiquant les vertus chrétiennes mentionnées, nous aurons une foi fermement établie et ainsi nous serons au bénéfice de cet appel et élection solide : « car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais » (2Pi 1:10b).

Pierre continue à consacrer une bonne partie de sa deuxième épître à mettre en garde son lectorat contre les faux docteurs et leur enseignement spirituellement destructeur (2Pi 2-3). Ces faux enseignants avaient quitté « le droit chemin » et s’étaient « égarés » (2Pi 2:15). « Ils amorcent par les convoitises de la chair, par les dissolutions, ceux qui viennent à peine d’échapper aux hommes qui vivent dans l’égarement » (2Pi 2:18b). Ce passage implique une tentation réelle des croyants authentiques, car Pierre parle de ceux qui ont viennent tout juste de ne plus être parmi ceux qui vivent dans l’erreur. Malheureusement, Pierre a averti que « plusieurs les suivront dans leurs dissolutions » (2Pi 2:2a). L’avertissement de Pierre est particulièrement important :

« En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première. Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai : Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier. » (2 Pierre 2:20-22)

Cet avertissement concerne les chrétiens qui se sont égarés après s'être « retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2Pi 2:20 ; cf. 2Pi 1:4 ; 2Pi 1:8).

Jude

L’épître de Jude est également destinée à mettre en garde les croyants contre les faux enseignements et à les encourager à résister et à persévérer dans la vérité. Après avoir dépeint les faux enseignants et le jugement divin posé sur eux, Jude exhorte son auditoire croyant :

« Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint Esprit, maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle » (Jd 1:20-21).

Il n’y aurait aucune raison d’avertir et d’exhorter les croyants authentiques à se maintenir dans l’amour de Dieu et à attendre la miséricorde de Jésus pour la vie éternelle si les chrétiens ne pouvaient pas abandonner l’amour de Dieu et abandonner la grâce du Christ.

Apocalypse

Le livre de l’Apocalypse est également un livre du Nouveau Testament dont l’un des buts principaux était d’exhorter ses lecteurs à persévérer dans la foi. Les sept églises, auxquelles s’adresse le texte, faisaient face à diverses tentations qui pouvaient les pousser à abandonner ou à compromettre leur foi. Bien que l’ensemble du livre porte cette préoccupation (par exemple Ap 13:10, 14:12), elle ressort plus clairement dans les lettres aux sept églises mentionnées aux chapitres 2 et 3. Chacune des églises est exhortée à rester fidèle à Christ, car ainsi en restant fidèles jusqu’au bout, leurs membres recevront la vie éternelle promise (décrite de diverses façons). Cela implique sans ambiguïté que les membres de ces églises ne seront pas sauvés s’ils ne demeurent pas fidèles à Christ et donc qu’il est possible pour eux d’être infidèles et de périr.

Par exemple, l’église d’Éphèse reçoit la promesse suivante : « À celui qui vaincra, je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. » (Ap 2:7b). L’implication évidente est que celui qui ne vaincra pas (c’est-à-dire, qui ne demeure pas fidèle à Jésus, cf Ap 12:11 ; Ap 15:2 ; 1Jn 5 4:5), ne sera pas autorisé à manger de l’arbre de vie (c’est-à-dire, qu’il ne recevra pas la vie éternelle). L’église de Smyrne reçoit cette promesse : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie […] Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort » (Ap 2:10c ; Ap 2:11b). L’implication évidente est que celui qui ne sera pas fidèle jusqu’à la mort ne recevra pas la couronne de vie et celui qui ne vaincra pas souffrira la seconde mort. De même, à l’église de Sardes il est promis :

« Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs ; je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. » (Ap 3:5).

L’implication évidente est que celui qui ne vaincra pas, ne sera pas revêtu de vêtements blancs et sera effacé du livre de la vie et son nom ne sera pas confessé devant le Père et les anges. La référence à l’effacement dans le livre de vie est particulièrement instructive sur la question de la sécurité du salut. Car effacer un nom du livre de vie implique que le nom était dans le livre et donc que la personne identifiée par ce nom était sauvée. Donc effacer du livre est une indication claire de la possibilité de la révocation du salut et la vie éternelle .

La plupart des églises sont aussi explicitement sous la menace de jugement dans le cas où elles ne sont pas fidèles à Christ. Le Christ dit, par exemple, à l’église d’Éphèse : « je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes » (Ap 2:5). Ôter le chandelier d’une église est une façon de dire que son identité de peuple de Dieu lui sera retiré. Il s'agit donc d'un changement d’état de sauvé à non-sauvé.

Avec encore plus d’ardeur, le Christ a mis en garde l’église de Laodicée : « parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche » (Ap 3:16). Cet avertissement indique que ceux qui sont en Christ peuvent sortir de cette position, qui revient également à un changement d'état de sauvé à non-sauvé.

Vers la fin de l’Apocalypse, Jésus lance un avertissement redoutable :

« si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre » (Ap 22:19).

Cet avertissement semble s’adresser à des croyants, puisque les destinataires originaux de ce livre étaient effectivement des croyants. Il peut aussi, d'une manière secondaire, s'adresser aux non croyants, ce qui soutiendrait les notions d’élection conditionnelle, de grâce résistible et d’expiation illimitée. En effet, si des non croyants ont une part qui leur est enlevée, cela doit signifie que cette part était véritablement à leur disposition et implique une véritable opportunité de croire et d’être sauvé. Néanmoins, l’avertissement était à l’origine principalement destiné aux croyants, et cela soutient la sécurité conditionnelle, car il met en garde des personnes qui étaient destinées au ciel, mais qui pouvaient malgré tout se trouver sur une pente les menant à leur perte.

L'assurance du salut dans le cadre de la sécurité conditionnelle

Malgré toutes ces mises en garde et ces avertissements présents dans le Nouveau Testament au sujet de l’apostasie et la perte du salut, les chrétiens ont de bonnes raisons d’avoir une assurance solide de leur salut. [...] Tout d’abord, nous pouvons avoir la pleine assurance de notre salut passé et présent (1Jn 5:13). Si une personne croit, alors elle peut savoir qu’elle a été sauvée et est sauvée à travers les nombreuses promesses dans l’Écriture affirmant que Dieu sauve ceux qui croient. [...] Dieu nous préserve donc dans le salut aussi longtemps que nous demeurons en Christ (cf. 1Pi 1:3-5 et d’autres nombreux passages que nous avons évoqués dans cet article sur le sujet du salut conditionnel à la foi). De même que le Saint-Esprit nous a donné le pouvoir de croire en Christ, il nous donne la capacité de pouvoir persévérer dans la foi en Christ (Ga 5:16-25 ; Ep 3:14-21 ; 1Co 10:13). De plus, puisque Christ est mort pour tous, nous pouvons affirmer que Christ est mort pour nous et que Dieu veut notre salut. [...] Ainsi, les croyants peuvent avoir une assurance solide et ferme du salut, mais non une assurance absolue ou inconditionnelle. Alors que certains pourraient trouver cela troublant, il faut avoir conscience qu’une fausse sécurité est bien plus troublante et dangereuse. Elle pourrait conduire des chrétiens à manquer de vigilance envers ce qui est nécessaire à la persévérance, et donc potentiellement de chuter et périr. C’est lorsque quelqu’un pense que le feu ne peut pas le brûler qu’il est beaucoup plus susceptible de jouer avec et de se brûler. [...]

Dieu promet aux vrais chrétiens de leur donner la capacité de persévérer dans la foi et qu’aucune chose extérieure ne pourra les arracher loin de Lui. À travers notre salut présent, nous avons l’assurance absolue que Dieu nous permettra de persévérer pour le salut définitif et que Dieu désire que nous y arrivions.

[N.D.L.R. : Cet article est une annexe de l'article plus général suivant : Exposé de la théologie arminienne (avec appui scripturaire)]


Source : ABASCIANO, Brian. The FACTS of Salvation: A Summary of Arminian Theology/the Biblical Doctrines of Grace. In : Society of Evangelical Arminians [en ligne]. 2013-10-2 [consulté le 2020-05-19]. Disponible à l’adresse : http://evangelicalarminians.org/the-facts-of-salvation-a-summary-of-arminian-theologythe-biblical-doctrines-of-grace/

Source des citations bibliques : La Sainte Bible : nouvelle édition de Genève 1979. Genève : Société Biblique de Genève, 1979.

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