Défense scripturaire et principes d'herméneutique de l’arminianisme

Bouclier

L'histoire de l'arminianisme

L'arminianisme porte ce nom en référence à Jacobus Arminius (1560-1609), un théologien néerlandais qui s'est fortement opposé au système réformé et plus particulièrement à la doctrine de l'expiation limitée. Sa position a été transcrite après sa mort notamment dans la Remontrance de 1610. Cependant, il serait anachronique de croire qu'Arminius a été le premier à défendre ce point de vue. Jack Cottrell écrit que l'arminianisme « était la croyance consensuelle de la chrétienté avant Augustin (354-430 après J.-C.)[1]COTRELL, Jack, PINNOCK, Clark H., REYMOND, Robert L., TALBOT, Thomas B., WARE, Bruce A., BRAND, Chad. Perspectives on Election: Five Views. Nashville, TN: Broadman & Holman, 2006, p. 70. ».

Des théologiens qui s'en tiennent à l'arminianisme

Les théologiens arminiens modernes incluent : Craig Keener, Roger Olson, Ben Witherington III, F. Leroy Forlines, Robert Picirilli, Thomas C. Oden, Grant Osborne, Thomas McCall, [...] pour n'en nommer que quelques-uns.

Dieu désire que tous les êtres humains soient sauvés

L'arminianisme affirme que Dieu désire que tous les êtres humains, et non pas uniquement certains, aient une relation avec lui. Pierre écrit : « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » (2Pi 3:9)[2]Les calvinistes répondent qu'il faut comprendre dans ce passage que Dieu attend que tous ses élus viennent à la repentance. Il y a des élus qui ne sont pas encore venus à Christ et Dieu patiente jusqu’à ce qu'ils viennent à lui. Si le Christ revenait plus tôt, ces élus n’auraient pas le temps de venir à Christ. En d'autres termes, Christ met en attente son retour afin que tous ses élus soient sauvés. Concernant 2Pi 3:, Sproul déclare que le terme « tous » fait référence aux seuls « élus ». Cependant cette conception ne semble pas valable à la lumière de 1 Timothée 2:4. SPROUL. Chosen by God, p. 195. In: OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 118.. Paul écrit : « [Dieu] veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Ti 2:4). Jésus a dit « j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jean 12:32), et a affirmé que le Saint-Esprit « convaincra le monde » et pas seulement les élus (Jean 16:8). Dans l'Ancien Testament, Dieu indique clairement qu'il ne désire pas que les hommes soient condamnés (Ez 18:23 ; Jr 48:31 ; Es 28:21)[3]Concernant ces passages clés en faveur de l’arminianisme, le prédicateur et théologien calviniste John Piper en appelle au fait qu'il s'agit d'un mystère. Il écrit : « La vie émotionnelle de Dieu est complexe, au-delà de notre capacité à la comprendre pleinement [...] Par conséquent, nous ne devrions pas buter sur le fait que Dieu prend et ne prend pas plaisir à la mort des méchants ». PIPER, John. The Pleasures of God: Meditating on God’s Delight in Being God. Portland, OR : Multnomah, 1991, p. 336-337. Cependant, nous pensons que cette explication n'est pas convaincante. L'appel au mystère rend sa position irréfutable, même face à des preuves contraires. S'il est approprié de faire appel au mystère lorsqu'il n’existe pas d'éléments permettant de répondre à une problématique, il est inapproprié de faire appel au mystère lorsqu’il existe des preuves contraires à la position défendue.. Pourtant, selon le point de vue calviniste, Dieu voudrait la condamnation de certains pécheurs, et donc ne désire pas que tous les hommes soient sauvés[4]Les calvinistes répondent généralement en disant que ces passages ne signifient pas toutes les personnes (c'est-à-dire le monde entier), mais toutes sortes de personnes (c'est-à-dire de toutes ethnies et toutes catégories). Calvin écrit : « Paul veut sûrement dire que Dieu n'a pas fermé la voie du salut à un quelconque type d'hommes ; au contraire, il a répandu sa miséricorde de telle manière qu'elle atteint tout type d’homme » (CALVIN, Institutes, 3.24.16.). De même, Boettner écrit : « Les versets tels que 1 Timothée 2:4 semble mieux se comprendre si on considère qu’ils ne se réfèrent pas aux hommes de manière individuelle mais plutôt comme enseignant la vérité générale que Dieu est bienveillant et ne prend pas plaisir aux souffrances et à la mort de ses créatures. » BOETTNER. The Reformed Doctrine of Predestination, p. 295. In : OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 116..

Dieu permet aux humains de résister à sa volonté

Le calvinisme place dans son système la volonté de Dieu comme son attribut principal. Tout ce qui s'y oppose est donc considéré comme une atteinte à la gloire et à la nature de Dieu. Cependant, les Écritures affirment clairement que Dieu permet aux humains de s'opposer à sa volonté. Dans le Nouveau Testament, il existe deux mots différents pour désigner la volonté de Dieu : boulē et thelō.

Boulē (prononcé boo-lay)

Dans l'évangile selon Luc, nous lisons : « les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein (boulē en grec) de Dieu » (Lc 7:30 ; cf. Ac 7:51). C'est le même mot utilisé pour parler de la volonté de Dieu dans Éphésiens 1:11 (« prédestinés suivant le plan de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté (grec boulē) »). Ici, Luc affirme donc que les pharisiens étaient capables de rejeter la volonté de Dieu les concernant.

De même, dans 2 Pierre 3:9, un dérivé de boulē est utilisé (boulomai), lorsque Pierre écrit : « Dieu voulant (boulomai) que tous arrivent à la repentance ». Étant donné que certains finiront par aller en enfer, il faut en déduire que la volonté de Dieu (boulē) n'est pas accomplie.

Thelō (prononcé thel'-o)

Nous pouvons retrouver cette même idée à travers le ministère de Jésus. Vers la fin de sa vie terrestre, Jésus pleura sur Jérusalem (Lc 19:41). Matthieu rapporte les paroles de Jésus : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu (thelō) rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! (thelō) » (Mt 23:37)[5]Les calvinistes soutiennent que Jésus tentait d'atteindre les « enfants » de Jérusalem, mais les chefs religieux n'ont pas voulu le laisser faire.. Ici, Jésus (Dieu) voulait quelque chose qui fut rejeté par les chefs religieux. Dans le chapitre précédent, Jésus dit : « [Le roi] envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais ils ne voulurent (thelō) pas venir » (Mt 22:3).

Ailleurs, Jésus a prié pour que la « volonté » de Dieu soit faite sur la terre, comme au ciel (Mt 6:10). Ce mot (thelēma) se trouve dans le même champ lexical que thelō. Si l'on ne peut pas résister à la volonté de Dieu (comme le prétend le calvinisme), il n'y aurait aucune raison de prier ainsi. De plus, Jésus a affirmé que nous pouvons choisir (ou non) d'aligner notre volonté sur celle de Dieu. Il a dit : « Si quelqu'un veut (thelō) faire sa volonté (thelō), il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon propre chef » (Jn 7:17). Tous ces passages impliquent que Dieu nous permet de résister et de rejeter sa volonté[6]N.D.L.R. : nous pourrions préciser dans le sens de sa volonté efficace, désirante ou antécédente, car même le mal et le péché des hommes est soumis à la volonté permissive ou conséquente de Dieu..

La notion de libre arbitre dans la Bible

Le libre arbitre dans l’Ancien Testament

Dans l'AT, nous pouvons constater que Dieu a donné la possibilité à son peuple de choisir de se tourner vers Lui (Js 24:15 ; Es 50:2 ; Jr 1:6 ; Jr 2:13-14 ; Jr 7:13 ; Jr 13:10 ; Jr 26:2-3 ; Ex 3:11 ; Ex 4:1-13 ; Os 11:1-9 ; Ps 78:10 ; Ps 81:11-13 ; Jr 32:33). Voyons quelques exemples :

Je vous destine au glaive, Et vous fléchirez tous le genou pour être égorgés ; Car j'ai appelé, et vous n'avez point répondu, J'ai parlé, et vous n'avez point écouté ; Mais vous avez fait ce qui est mal à mes yeux, Et vous avez choisi ce qui me déplaît. (Es 65:12)

Puisque j'appelle et que vous résistez, Puisque j'étends ma main et que personne n'y prend garde (Pr 1:24)

Mais si cette nation, sur laquelle j'ai parlé, revient de sa méchanceté, Je me repens du mal que j'avais pensé lui faire. (Jr 18:8)

Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait monter du pays d'Égypte; Ouvre ta bouche, et je la remplirai. Mais mon peuple n'a point écouté ma voix, Israël ne m'a point obéi. Alors je les ai livrés aux penchants de leur cœur, Et ils ont suivi leurs propres conseils. Oh ! Si mon peuple m'écoutait, Si Israël marchait dans mes voies ! (Ps 81:11-14)

Mais voici l'ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix, Et je serai votre Dieu, Et vous serez mon peuple ; Marchez dans toutes les voies que je vous prescris, Afin que vous soyez heureux. Et ils n'ont point écouté, ils n'ont point prêté l'oreille ; Ils ont suivi les conseils, les penchants de leur mauvais cœur, Ils ont été en arrière et non en avant. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d'Égypte, Jusqu'à ce jour, Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, Je les ai envoyés chaque jour, dès le matin. Mais ils ne m'ont point écouté, ils n'ont point prêté l'oreille ; Ils ont raidi leur cou, Ils ont fait le mal plus que leurs pères. (Jr 7:23-26)

(Le contexte de ce passage indique que Dieu leur avait donné la possibilité d'obéir et d'être pardonnés, mais qu'ils ont refusé volontairement de le faire (cf. Jr 7:1-22))

Quand Israël était jeune, je l'aimais, Et j'appelai mon fils hors d'Égypte. Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient ; Ils ont sacrifié aux Baals, Et offert de l'encens aux idoles. (Os 11:1-2)

Le libre arbitre est enseigné dans la Bible du début à la fin

La Bible enseigne l’existence du libre arbitre d'un bout à l'autre. Elle contient un certain nombre d'enseignements importants correspondant au concept traditionnel du libre arbitre libertarien. Même certains auteurs réformés comme D. A. Carson reconnaissent l’existence de ces enseignements clairs et manifestes dans l'Écriture[7]Cette liste est similaire à celle de Carson. Voir CARSON, D. A.. Divine Sovereignty and Human Responsibility: Biblical Perspectives in Tension. Eugene, OR : Wipf & Stock, 2002, p. 18-22. :

  1. Dieu appelle les hommes à lui obéir, à le choisir et à croire en lui (Jn 15:10 ; Js 24:15 ; Jn. 3:18). Ces appels seraient absurdes, si nous n’étions pas des agents moraux libres.
  2. Le fait même que nous puissions pécher implique la liberté de notre volonté, sauf si nous prétendons que Dieu est l'agent du péché.
  3. Dieu nous juge (1Co 3:10-15 ; Ap 20:11-15). Les humains sont récompensés ou punis en fonction de leurs actes. Le jugement n'a de sens que si nous sommes libres de choisir et donc responsables de nos choix.
  4. Dieu met son peuple à l'épreuve, ce qui implique notre capacité à réussir ou à échouer (Gn 22:1 ; Jc 1:12 ; 1P 1:6-7 ; 1Co 10:13).
  5. Les prières ne sont pas scénarisées, elles sont l'expression libre des cœurs (se référer aux psaumes pour constater des exemples clairs de cela).
  6. Dieu exhorte les pécheurs à se repentir, ce qui n'aurait pas le moindre sens s’ils n'étaient pas en capacité de prendre des décisions morales libres (Ez 18:23-32 ; Ez 33:11).
  7. Dieu désire que tous les hommes croient en lui (1Ti 2:4 ; 2P 3:9 ; Jn 12:32). Il faut bien comprendre cela. Un être omnipotent « désire » quelque chose qui, de toute évidence, ne se produit pas. Quelque chose doit retenir Dieu de faire ce qu'il veut. Le libre arbitre semble la solution la plus logique à cette tension (Lc 7:30 ; Ac 7:51 ; Mt 23:3 ; Mt 23:37 ; Mt 6:10 ; Jn 7:17).
  8. Dieu lui-même est un agent moral libre, qui n'est pas déterminé (Ap 4:11). Par conséquent, même les déterministes doivent admettre qu'il n'est pas nécessaire que toute décision soit déterminée. Jésus n'était pas déterminé, mais il a soumis sa volonté à celle du Père (Lc 22:42).

Un dernier passage doit être pris en considération concernant ce sujet : Matthieu 19:24. Jésus dit dans ce passage : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ». Que pourrait signifier ce verset d'un point de vue calviniste ? L’éminent arminien Roger Olson déclare : « Quel sens ce verset pourrait-il avoir à la lumière de la grâce irrésistible ? Jésus voulait-il dire qu'il serait plus difficile pour Dieu de sauver un homme riche qu'un homme pauvre ? Comment cela pourrait-il être le cas ? Si chaque personne, sans exception, entre dans le royaume de Dieu par la seule œuvre de Dieu, sans que la moindre coopération de la personne elle-même soit requise, alors cette parole de Jésus n'a pas le moindre sens[8]OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 165. ».

Principes herméneutiques à respecter pour les passages difficiles

Il y a un certain nombre de passages que les arminiens se doivent d'aborder dans le cadre de cette réflexion. [...] Cependant, il est nécessaire de mettre en lumière quatre principes herméneutiques à prendre en considération dans l’étude de tels passages.

Principe n°1 : Le principe du « moi » ou « nous »

Dans notre culture moderne individualiste, nous lisons généralement la Bible comme s’adressant à moi plutôt qu'à nous. Souvent, les passages sur l'élection se réfèrent à l'église dans son ensemble, et non pas au croyant de manière individuelle (Ep 1:4). Lorsque vous lisez des passages difficiles, demandez-vous s'ils ne font pas plutôt référence à l'église sauvée, qu'à un individu en particulier. [N.D.L.R : Il peut également arriver que le « nous » se réfère aux juifs et le « vous » aux païens, ou encore le « nous » aux apôtres et le « vous » à l'auditoire des apôtres, etc.]

Principe n°2 : Le principe du « choisi pour le salut » ou « choisi pour le ministère »

Souvent, Dieu choisit des hommes en rapport avec leur ministère, et non en rapport avec leur salut (Ga 1:15 ; Jn 15:16). Les calvinistes lisent généralement les passages traitant de l’élection ou du choix de Dieu comme se référant au salut plutôt qu'au ministère. Donc, lorsque vous lisez des passages difficiles, demandez-vous si le passage fait référence au fait qu’une personne a été choisie pour réaliser une mission dans l’œuvre de Dieu, ou au fait qu'elle aurait été choisie pour être sauvée.

Principe n°3 : Le principe de « tous les croyants » ou « ces croyants »

Parfois, les passages difficiles ne concernent que les destinataires d’origine et non pas tous les croyants. Par conséquent, lorsque vous faites face à un passage difficile, demandez-vous si celui-ci concerne tous les croyants de l'histoire de l'humanité ou uniquement les croyants ayant été destinataires de cet écrit à l’époque concernée. Cela est particulièrement important lorsque vous lisez des passages adressés spécifiquement aux douze disciples ou à Paul.

Principe n°4 : La prédestination et l'élection sont toutes deux basées sur la prescience de Dieu

Dieu prédestine les personnes dont il savait qu'elles décideraient librement de venir à la foi. Romains 8:29 dit : « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils [...] ». Remarquez que la prescience de Dieu précède la prédestination. De même, Pierre écrit que les croyants « sont élus selon la prescience de Dieu le Père » (1Pi 1:1-2). Par conséquent, tant la prédestination que l'élection sont basées sur la prescience de Dieu concernant ce que les humains feront librement.

[Principe n°5 : La contextualisation historique des problématiques bibliques]

[Il peut être tentant de penser que les auteurs bibliques avaient en perspective les problématiques de notre époque dans certains de leurs propos. Par exemple, une problématique de l'époque du NT était de savoir pourquoi les religieux juifs incrédules qui se considéraient comme enfants du Père ne venaient pas à Christ. Dans une perspective contextualisée, Jean 6 et Jean 10 sont probablement une réponse à cet aspect là. Ces passages sont moins probablement liés à un questionnement sur la nature résistible ou irrésistible de la grâce. De même, Actes 2 et 4 sont probablement une réponse aux accusations selon lesquelles Jésus n'était pas celui qu'il prétendait être puisqu'il avait été exécuté. Ces passages sont moins probablement une affirmation d'un déterminisme divin exhaustif et universel, etc.]

Commentaires bibliques sur certains passages difficiles

 


Article original : ROCHFORD, James M.. Biblical Defense of Arminianism. In : Evidence Unseen [en ligne]. 2014-05-28 [consulté le 2020-07-29]. Disponible à l’adresse : http://www.evidenceunseen.com/theology/calvinism-versus-arminianism/biblical-defense-of-arminianism/

Source des citations bibliques : La Sainte Bible : nouvelle édition de Genève 1979. Genève : Société Biblique de Genève, 1979.

Références

Références
1COTRELL, Jack, PINNOCK, Clark H., REYMOND, Robert L., TALBOT, Thomas B., WARE, Bruce A., BRAND, Chad. Perspectives on Election: Five Views. Nashville, TN: Broadman & Holman, 2006, p. 70.
2Les calvinistes répondent qu'il faut comprendre dans ce passage que Dieu attend que tous ses élus viennent à la repentance. Il y a des élus qui ne sont pas encore venus à Christ et Dieu patiente jusqu’à ce qu'ils viennent à lui. Si le Christ revenait plus tôt, ces élus n’auraient pas le temps de venir à Christ. En d'autres termes, Christ met en attente son retour afin que tous ses élus soient sauvés. Concernant 2Pi 3:, Sproul déclare que le terme « tous » fait référence aux seuls « élus ». Cependant cette conception ne semble pas valable à la lumière de 1 Timothée 2:4. SPROUL. Chosen by God, p. 195. In: OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 118.
3Concernant ces passages clés en faveur de l’arminianisme, le prédicateur et théologien calviniste John Piper en appelle au fait qu'il s'agit d'un mystère. Il écrit : « La vie émotionnelle de Dieu est complexe, au-delà de notre capacité à la comprendre pleinement [...] Par conséquent, nous ne devrions pas buter sur le fait que Dieu prend et ne prend pas plaisir à la mort des méchants ». PIPER, John. The Pleasures of God: Meditating on God’s Delight in Being God. Portland, OR : Multnomah, 1991, p. 336-337. Cependant, nous pensons que cette explication n'est pas convaincante. L'appel au mystère rend sa position irréfutable, même face à des preuves contraires. S'il est approprié de faire appel au mystère lorsqu'il n’existe pas d'éléments permettant de répondre à une problématique, il est inapproprié de faire appel au mystère lorsqu’il existe des preuves contraires à la position défendue.
4Les calvinistes répondent généralement en disant que ces passages ne signifient pas toutes les personnes (c'est-à-dire le monde entier), mais toutes sortes de personnes (c'est-à-dire de toutes ethnies et toutes catégories). Calvin écrit : « Paul veut sûrement dire que Dieu n'a pas fermé la voie du salut à un quelconque type d'hommes ; au contraire, il a répandu sa miséricorde de telle manière qu'elle atteint tout type d’homme » (CALVIN, Institutes, 3.24.16.). De même, Boettner écrit : « Les versets tels que 1 Timothée 2:4 semble mieux se comprendre si on considère qu’ils ne se réfèrent pas aux hommes de manière individuelle mais plutôt comme enseignant la vérité générale que Dieu est bienveillant et ne prend pas plaisir aux souffrances et à la mort de ses créatures. » BOETTNER. The Reformed Doctrine of Predestination, p. 295. In : OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 116.
5Les calvinistes soutiennent que Jésus tentait d'atteindre les « enfants » de Jérusalem, mais les chefs religieux n'ont pas voulu le laisser faire.
6N.D.L.R. : nous pourrions préciser dans le sens de sa volonté efficace, désirante ou antécédente, car même le mal et le péché des hommes est soumis à la volonté permissive ou conséquente de Dieu.
7Cette liste est similaire à celle de Carson. Voir CARSON, D. A.. Divine Sovereignty and Human Responsibility: Biblical Perspectives in Tension. Eugene, OR : Wipf & Stock, 2002, p. 18-22.
8OLSON, Roger E.. Against Calvinism. Grand Rapids, MI : Zondervan, 2011, p. 165.
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